POUR MEDITER L'EVANGILE 1ère semaine

"pour vivre le carême intensément"

groupe  ombre

Un support pour prier

La rencontre dans les maisons pour partager les joies et les attentes qui sont présentes dans le cœur de chaque personne est une véritable expérience de l’évangélisation, très similaire à ce qui est arrivé dans les premiers jours de l’Église. »

                                                                                    Pape François

Un GFK..... Familial ?

Lancés durant le Carême 2019 dans la dynamique du synode diocésain, les GFK  Groupes Fraternels de Carême sont un moyen formidable pour vivre le Carême intensément.  Les évènements actuels nous obligent à les annuler, mais nous vous proposons le contenu des rencontres qui peut constituer en famille un soutien dans notre démarche de conversion, un temps de prière et de partage sur ce qui fait le cœur de notre vie : la foi en Jésus Christ, sauveur.

Cette année, le thème est un chemin baptismal en suivant les textes d’Évangile des dimanches de Carême : Jésus et la Samaritaine, la guérison de l’aveugle de naissance, le retour à la vie de Lazare, la mort et la résurrection de Jésus.

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Pour vivre un chemin privilégié vers Pâques,

nous vous proposons de prier à partir de la fiche de la 1ère rencontre prévue pour les GFK.

Jésus et la Samaritaine

          1 - Prière de louange

             

               ChantJe suis ton Dieu, ton créateur

              Si tu savais le don de Dieu, c ́est toi qui m ́aurais demandé à boire :
               Je suis ton Dieu, ton créateur, viens reposer sur mon cœur.
                        1- Je suis le Dieu qui t ́a fait, celui qui t ́a tissé dans le sein de ta mère.
                             J ́ai tout donné pour ta vie, ne crains plus désormais, car je t ́ai racheté.
                        2 - Si tu traverses les eaux, si tu passes la mort, je serai avec toi.

                             Je t ́ai choisi, Israël, je t ́ai pris par la main, je suis ton Rédempteur.

                        3 - Je suis le Dieu d ́Israël, créateur et sauveur, qui a fait toute chose.
                              Seul j ́ai déployé les cieux, affermi l ́univers, il n ́est pas d ́autre Dieu.

              Psaume 94

             Venez, crions de joie pour le Seigneur,
             acclamons notre Rocher, notre salut !
             Allons jusqu’à lui en rendant grâce,
              par nos hymnes de fête acclamons-le !
  
            Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,
            adorons le Seigneur qui nous a faits.
            Oui, il est notre Dieu ;
            nous sommes le peuple qu’il conduit.

 

             Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ?
             « Ne fermez pas votre cœur comme au désert,
             où vos pères m’ont tenté et provoqué,
             et pourtant ils avaient vu mon exploit. »

            2- Partage :

               Chacun se présente brièvement et dit un mot sur sa vie de foi.

           3-  Échange sur le texte suivant.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jean 4,5-30.39-42)

05 En ce temps-là, Jésus arriva à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph. 06 Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi. 07 Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau.

Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. » 08 – En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter des provisions.

09 La Samaritaine lui dit : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » – En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains.

10 Jésus lui répondit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. »

11 Elle lui dit : « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond. D’où as-tu donc cette eau vive ? 12 Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? »

13 Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; 14 mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. »

15 La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. »

16 Jésus lui dit : « Va, appelle ton mari, et reviens. »

17 La femme répliqua : « Je n’ai pas de mari. »

Jésus reprit : « Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari : 18 des maris, tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai. »

19 La femme lui dit : « Seigneur, je vois que tu es un prophète !... 20 Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là, et vous, les Juifs, vous dites que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. »

21 Jésus lui dit : « Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père. 22 Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. 23 Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. 24 Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. »

25 La femme lui dit : « Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. »

26 Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. »

27 À ce moment-là, ses disciples arrivèrent ; ils étaient surpris de le voir parler avec une femme. Pourtant, aucun ne lui dit : « Que cherches-tu ? » ou bien : « Pourquoi parles-tu avec elle ? »

28 La femme, laissant là sa cruche, revint à la ville et dit aux gens : 29 « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? » 30 Ils sortirent de la ville, et ils se dirigeaient vers lui. 39 Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus, à cause de la parole de la femme qui rendait ce témoignage : « Il m’a dit tout ce que j’ai fait. » 40 Lorsqu’ils arrivèrent auprès de lui, ils l’invitèrent à demeurer chez eux. Il y demeura deux jours. 41 Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire à cause de sa parole à lui, 42 et ils disaient à la femme : « Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons : nous-mêmes, nous l’avons entendu, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. »

                           Questions :

  1. Verset 7 : Qu’évoque dans la Bible la rencontre d’un homme et d’une femme auprès d’un puits ? (Cf. Gn 24, Gn 29, Ex 2) De quelles alliances est-il question dans ce texte ?
  2. Verset 14 : Quelle eau Dieu donne-t-il dans la Bible (Cf. Ex 17, Nb 20, Ez 47) ? Le dialogue porte sur le mariage et la connaissance de Dieu : et moi, quelles sont mes soifs ? Qu’est-ce qui me désaltère ? Où est-ce que je m’abreuve ?
  3. Noter la progression des termes employés par la Samaritaine pour parler de Jésus : comment Jésus se révèle-t-il à elle ? Et comment s’est-il révélé à moi dans mon histoire personnelle ?
  4. L’annonce de l’Évangile dans cette ville de Sykar commence par une demande de Jésus et un dialogue. Comment cela peut-il nous éclairer sur une « bonne façon » d’évangéliser ?

               4- Temps de silence

                     Chacun rédige pour soi une résolution à la suite de la discussion.

                5- Prière finale :

                       Intentions de prière partagées et Notre Père.

 

 

Secteur pastoral GFK - Groupes fraternels de Carême 2020

Saint-Amand / Notre-Dame de Salut

ECLAIRAGES

Les Évangiles baptismaux

L’eau. Le symbolisme de l’eau est significatif de l’action de l’Esprit Saint dans le Baptême, puisque, après l’invocation de l’Esprit Saint, elle devient le signe sacramentel efficace de la nouvelle naissance : de même que la gestation de notre première naissance s’est opérée dans l’eau, de même l’eau baptismale signifie réellement que notre naissance à la vie divine nous est donnée dans l’Esprit Saint. Mais « baptisés dans un seul Esprit », nous sommes aussi « abreuvés d’un seul Esprit » (1 Co 12,13) : l’Esprit est donc aussi personnellement l’Eau vive qui jaillit du Christ crucifié comme de sa source et qui en nous jaillit en Vie éternelle. (Catéchisme de l’Église catholique, 694)

Jésus tient à s’inscrire dans la continuité de l’Écriture, dans la continuité de l’histoire de Dieu avec les hommes. Dans l’Évangile de Jean, mais également dans les Évangiles synoptiques et au-delà dans toute la littérature du Nouveau Testament, la croyance en Jésus est légitimée par le fait qu’en lui se rejoignent tous les fleuves de l’Écriture. A partir de lui, le sens de l’Écriture se manifeste dans toute sa cohérence comme ce qui est attendu de tous et vers quoi tout se dirige.

Mais en quel endroit l’Écriture parle-t-elle de cette source vive ? Manifestement Jean ne pense pas à un passage précis, mais bien plutôt à l’« Écriture », à la vision qui en traverse tous les textes. L’histoire du rocher dispensateur de vie, devenu en Israël une image de l’espérance, est un aspect central. Le deuxième grand aspect nous est proposé par Ézéchiel (cf 47, 1-12) avec la vision d’un nouveau Temple : « Sous le seuil du Temple, de l’eau jaillissait en direction de l’orient » (Ez 47, 1). « En ce jour-là, des eaux vives sortiront de Jérusalem » (Za 14, 8). Le dernier chapitre de l’Écriture Sainte réinterprète ces images et c’est lui qui leur donne à présent toute leur grandeur : « Puis l’ange me montra l’eau de la vie : un fleuve resplendissant comme du cristal, qui jaillit du trône de Dieu et de l’Agneau » (Ap 22,1).

La scène de la purification du Temple nous montre que Jean considère le Seigneur ressuscité, son corps, comme le nouveau Temple, attendu non seulement par l’Ancien Testament, mais par toutes les nations (cf Jn 2,21). Ainsi, nous sommes autorisés à entendre aussi dans ce qui est dit des fleuves d’eau vive une annonce du nouveau Temple : oui, ce Temple existe. Il existe, ce fleuve de vie promis qui épure la terre saline pour faire mûrir la vie et pour faire pousser les fruits en abondance. Il est celui qui est allé dans l’amour jusqu’au bout, qui est passé par la Croix pour vivre maintenant dans une vie que nulle mort ne pourra plus menacer. C’est lui, le Christ vivant.

Celui qui regarde l’histoire d’un œil attentif peut voir ce fleuve qui, à travers les temps, coule du Golgotha, du Jésus crucifié et ressuscité. Là où parvient ce fleuve, il peut voir comment la terre est purifiée, comment poussent les arbres fruitiers, comment jaillit la vie, la vie véritable, de la source d’amour qui s’est donnée et qui se donne.

Cette interprétation centrale qui se réfère au Christ ne peut nullement exclure que cette phrase vaille aussi, de manière dérivée, pour les croyants. [...] Le croyant s’unit au Christ, il a part à sa fécondité. L’homme qui croit et qui aime avec le Christ devient un puits qui dispense la vie. On peut aussi constater cela dans l’histoire de manière merveilleuse : à savoir comment les saints sont des oasis autour desquels la vie éclot et où revient quelque chose du paradis perdu. Et la source qui se donne en abondance reste finalement toujours le Christ lui-même.

(Joseph RATZINGER Benoît XVI, Jésus de Nazareth, Flammarion 2007, pages 272 à 274).